Un outil important désormais disponible pour la création de textes législatifs et de mécanismes efficaces relatifs à la protection est la « loi type pour la reconnaissance et la protection des défenseurs des droits humains », lancée en juin 2016 par le Service international pour les droits de l’homme après consultation de centaines d’experts et de défenseurs des droits humains. Elle apporte aux États des lignes directrices fiables sur la façon d’appliquer au niveau national la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme, à travers des recommandations techniques sur l’élaboration de lois, politiques et institutions appropriées visant à soutenir le travail des défenseurs et à les protéger des représailles et des attaques. Elle contient des indications importantes relatives à l’obligation de mener des enquêtes sur les violations des droits humains commises contre des défenseurs et de déterminer si l’un des motifs de la violation « est le statut, l’activité ou le travail de la personne en tant que défenseur des droits humains ; [...] s’il y a eu précédemment des violations des droits de ce défenseur ou des violations systématiques des droits de défenseurs se trouvant dans la même situation, et ; [...] si la violation a été perpétrée, soutenue, encouragée ou appuyée par de multiples acteurs. » La loi type donne également une série d’indications sur le fonctionnement d’un mécanisme de protection, qui doit notamment s’établir en fonction d’une analyse des risques exhaustive qui prenne en compte les questions de genre, qui doit répondre aux besoins spécifiques des défenseurs des droits humains qui subissent différentes formes de discrimination et qui sont plus exposés, et qui doit repérer les causes profondes des violations des droits humains. La loi type insiste en outre sur l’importance des mesures à prendre pour la reconnaissance et le soutien du travail des défenseurs des droits humains, ainsi que pour la prévention des actes d’intimidation ou de représailles. Il convient notamment de : faire des déclarations publiques et mieux sensibiliser l’opinion pour promouvoir le travail important et légitime des défenseurs des droits humains ; effectuer un suivi des actes d’intimidation ou de représailles afin de recueillir et d’analyser les données relatives à ces menaces et rendre compte des conclusions dans des rapports ; identifier les modes d’agression qui visent les défenseurs des droits humains ; lutter par d’autres voies contre les actes de discrimination, de stigmatisation ou de diffamation commis à l’encontre de défenseurs des droits humains.